L’ordonnance n°2009-012 du 18 décembre 2009 relative à l’organisation du Régime de la Transition vers la IVe République met en place le troisième régime d’Andry Rajoelina en neuf mois, après les défuntes HAT et transition consensuelle.
Il reste ainsi, selon ses désirs, président de la transition, entretenant volontairement la confusion avec la reconnaissance du titre par les accords d’Addis-Abeba, et nomme Cécile Manorohanta premier ministre et vice-premier ministre chargé de l’intérieur. Le gouvernement Monja Roindefo 2 est reconduit. Il s’agit ni plus ni moins qu’une version bis de la HAT qui évite soigneusement l’obligation de retour de Monja Roindefo ( selon l’avis n°02-HCC/AV du 31 juillet 2009 ), ancien compagnon de lutte devenu l’épouvantail politique d’Andry Rajoelina.
A peine né, ce régime n’est pas reconnu à l’intérieur du pays par les trois mouvances qui ont participé à la transition consensuelle sous l’égide de la communauté internationale. Malgré son limogeage, hier, Eugène Mangalaza n’envisage pas de quitter la primature. Ainsi Madagascar a, de nouveau, 2 premiers ministres avant probablement deux gouvernements la semaine prochaine. Les trois mouvances ont , d’autre part, annoncé leur intention de mettre en place les institutions de la transition consensuelle, très prochainement.
Début chaotique et improvisé de ce nouveau régime car il aura fallu prendre en urgence, à quelques heures du retour des mouvances, une ordonnance sans être passer par la case HCC conformément à la constitution de la IIIe République qui fait ainsi son retour. Alors que l’annonce de la troisième voie de transition a été faite mercredi. Et finalement nommer un premier ministre alors que, mercredi, une gouvernance sans premier ministre était mise en place.
Les élections législatives s’annoncent très contestée par les mouvances mais aussi la société civile. Le consensus souhaité par la France, à ce sujet, a lui aussi peu de chance d’aboutir.
Un an, presque jour pour jour, après le début de la crise Madagascar entre dans le chaos politique et constitutionnel suite aux hésitations et erreurs politiques d’Andry Rajoelina. La détention du pouvoir suffira-t-elle face à la cohérences des trois mouvances et le constat de l’impossibilité de maintenir la stabilité dans le pays ?
