Les trois mouvances reviennent de Maputo avec une proposition de gouvernement d’Union Nationale pour la transition à Madagascar qui aura peu de chance de voir le jour devant le refus de la mouvance d’Andry Rajoelina d’adhérer ’’ à cette démarche provocatrice’’ a fait savoir, lundi, un communiqué de la présidence.
Le blocage n’étant plus au goût du jour voici venu le temps de la provocation ; à chaque semaine son concept. Mais la provocation permettra de légitimer une réaction toute aussi provocatrice : le temps de la légitime défense ( des intérêts du peuple ?).
Dans les jours qui viennent, c’est à Eugène Mangalaza, premier ministre de consensus, qu’il revient de proposer formellement au président de la transition un projet qu’il a déjà refusé fermement. Mais Eugène Mangalaza n’est plus un bon premier ministre aux yeux de la mouvance Andry Rajoelina : son déplacement, à Maputo avec les trois mouvances avec lesquelles il est bien obligé de collaborer, étant de consensus, est vécu comme une trahison. Il est de bon ton, depuis ce week-end, de réclamer la démission d’Eugène Mangalaza. Cependant, même si Eugène Mangalaza ne parvient pas à former un gouvernement, il est en, quelque sorte, ’’vissé’’ à la transition car sa nomination n’est pas du fait d’Andry Rajoelina mais bel et bien de l’accord d’Addis-Abeba.
En attendant, une nouvelle proposition gouvernementale existe ( voir à la suite) et sa lecture appelle quelques remarques. Elle est conforme à l’esprit des accords consensuels et la répartition d’Addis-Abeba. Les trois mouvances ont porté le consensus vers une quasi harmonie consensuelle du partage du pouvoir avec un objectif non dissimulé de retirer une part importante des pouvoirs d’Andry Rajoelina.
L’autre aspect est politique, les ministères détenu par les ’’piliers’’ de la mouvance d’Andry Rajoelina ont été soigneusement choisis et balayés : les ministères des Affaires Étrangères(Ny Hasina Andriamanjato), de l’Éducation nationale(Julien Razafimanazato), de la sécurité intérieure (Rémy Sylvain Organès Rakotomihantarizaka), de la décentralisation (Hajo Andrianainarivelo), des mines (Mamy Ratovomalala), des télécommunications(Augustin Razafinarivo Andriamananoro). Le second objectif de cette répartition est donc sans conteste d’affaiblir politiquement Andry Rajoelina au sein même de sa mouvance pour n’avoir pu préserver les siens des dégâts collatéraux du consensus.
Et enfin Albert Zafy reste fidèle à ses objectifs de grand déballage et de justice en prenant l’environnement et les mines avec, c’est très important, ne l’oublions pas le Conseil National de Réconciliation(CNR) . Pour cette transition ce sera Zafy comme Zorro.
Ainsi on comprend aisément le refus d’Andry Rajoelina devant un tel champs de ruines qui ne peut que le pousser à retarder ou mettre fin à la mise en place de la transition. Car le schéma est le même dans toutes les institutions dans lesquelles les trois mouvances se retrouvent majoritaires. La victoire du titre présidentiel est amère et la défaite est réelle.
