Accueil > Spécial > L’ère GICéenne (1)
 
Spécial Maputo 3  

L’ère GICéenne (1)

vendredi 4 décembre 2009, par Kasay Mahitsy

L’ère « GICéene » a du mal à accoucher 1 mois après l’ajout de l’acte additionnel aux accords de Maputo. Le Premier Ministre de consensus n’arrive pas encore à faire passer la situation Malgache de la « cacophonie à la symphonie »(2). Le débat entre mouvances sur la répartition de quelques postes ministériels est toujours le facteur de blocage et le énième voyage à Maputo, sans la mouvance Rajoelina cette fois ci, est censé débloquer la situation.
Accord de Maputo que remet en cause les forces de changement : pour Gabriel Rabearimanana SG du parti Monima, « l’esprit des résolutions issues du mouvement de la place du 13 Mai du début d’année a été détourné de son objectif initial ».
Par ailleurs, le président de la Haute Autorité après s’être débarrasser de son Premier Ministre, Monja Roindefo, semble avoir perdu le contrôle du pouvoir. Il n’a pas eu les ministères de souveraineté du à son rang de Président de la transition. En conseil de ministre aucune décision ne peut être prise sans l’accord des deux co-présidents dont l’un est de la mouvance Ravalomanana.
Le mouvement du 13 mai symbolisé par le ticket Rajoelina/Roindefo avait au départ pour principal objectif d’écarter du pouvoir Marc Ravalomanana, accusé entre autres de violations graves et répétées de la constitution, de violation des droits et libertés fondamentales, de confusions entre ses affaires personnelles et les caisses de l’état. Ce même Marc Ravalomanana fait un come-back durant cette transition grâce à l’accord de Maputo, en ayant pu placer un de ses partisans au poste de co-Président de la transition et raflant au passage quelques ministères clés et sièges au sein des institutions malgaches y compris la présidence du Congrès.

Monja Roindefo, Premier ministre de la Haute Autorité de la Transition avait toujours déclaré que Maputo allait à l’encontre du mouvement du 13 Mai. Dans un interview à sobika.com, il avait déclaré à propos de Andry Rajoelina que « son compagnon de lutte n’a pas pu supporter les pressions et les surenchères politiques ».

Aujourd’hui, Andry Rajoelina doit faire face à la coalition des 3 autres mouvances pour régler la constitution des membres du gouvernement de transition. Que lui reste t-il comme marge de manœuvre après cette coalition improbable des ex-présidents ?
Et pourtant le pamphlet écrit par Zafy Albert, intitulé « Un roublard au pouvoir, de Charybde en Scylla : »3 dénonçant les dérives du régime Ravalomanana dénote du peu d’estime qu’avait Zafy envers ce dernier. Aujourd’hui, Albert Zafy nommé Président du comité pour la réconciliation nationale de la transition donne l’impression de se positionner plus contre Andry Rajoelina que contre son ancien roublard. Didier Ratsiraka, obligé de s’exiler suite à la prise de pouvoir de Marc Ravalomanana en 2002 est devenu très collaboratif face à son tombeur.

Ces mouvances veulent t-elles un changement réel à Madagascar, ou vont-t-elles plutôt continuer à tailler la constitution au profit de celui qui sera élu président ? Veulent t-elles vraiment que les prochaines élections soient libres et transparentes ? Ces anciens présidents et accessoirement chefs de file de mouvances par la grâce du GIC ont-ils vraiment la volonté de changer la société Malgache ?
Ou veulent t-ils seulement utiliser la transition pour reprendre le pouvoir qui leur ont été retiré ? (empêchement pour Zafy en 1996, mouvement de rue et opération militaire d’envergurenationale pour Ratsiraka en 2002, et mouvement de rue et démission pour Ravalomanana en 2009). Il faudrait soit dit en passant que la nouvelle constitution aborde aussi la problématique de l’alternance politique à Madagascar et mettre les balises nécessaires pour éviter la toute puissance d’une seule personne au pouvoir et éviter ainsi les dérives d’un pouvoir trop personnel.
La HAT avait déjà initié le débat sur l’avènement de la IVe république lors des assises nationales et des conférences régionales. Beaucoup d’idées sont sortis de ces conférences, ébauchant le modèle de société que voudront les Malgaches.

Le GIC, lui a imaginé un pouvoir à 4 têtes, pour mener la transition à terme et organiser les futures élections présidentielles. L’accord telle qu’elle a été écrite est interprétable à souhait. La mouvance Ravalomanana n’a d’ailleurs pas manqué de s’introduire dans la brèche en mettant en cause dès le départ le statut du Président de la Transition. Il est peut être temps maintenant pour nos hommes politiques de considérer l’intérêt supérieur de la nation et ne plus s’arrêter à ces calculs pré-électorales en voulant utiliser les privilèges de l’état.
Et prenons cette déclaration du commissaire à la paix et la sécurité de l’Union Africaine, Ramtane Lamamra concernant cet accord additionnel d’Addis Abeba, comme une note d’optimisme :"même une monstruosité juridique peut représenter une solution, une sortie de crise".

Note :

(1)GIC : Groupe International de Contact dirigé par Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA) qui a ramené les quatre mouvances politiques Malgaches à établir et à signer les accords de Maputo ainsi que l’acte additionnel d’Addis-Abeba.
(2) Interview du PM Eugène Mangalaza sur RFI : http://www.rfi.fr/contenu/20091108-...
(3)« Un roublard au Pouvoir, de Charybde en Scylla ... » de Zafy Albert, publié le 2 Juin 2003 à Antananarivo

Publier un commentaire

 

INFOS PRATIQUES

Cours de l'Ariary

EUR 2 770,38
USD 2 258,07
GBP 3 385,86
JPY 25,74
MUR 71,12
 

Météo

le 31 juillet 2010

Ambanjasoleil-nuage 19° -24°
Andevorantosoleil-nuage 19° -23°
Antananarivosoleil-nuage 11° -19°
Mahajangasoleil-nuage 19° -24°
Mahavelonasoleil-nuage 20° -23°
Toamasinasoleil-nuage 19° -23°
Tologranosoleil-nuage 11° -19°

Bientôt, sur ce site
un service météo plus complet

 
 
 

 

PROPOSITION DE SORTIE DE CRISE POUR UN NOUVEL ORDRE CONSTITUTIONNEL

le 21 janvier 2010

Le CSR-AN tient à féliciter le peuple malagasy pour avoir fait montre d’endurance voire de résistance à la crise, fondées sur une rapide et effective sortie de crise. Le CSR-AN a volontairement gardé le silence durant ces joutes d’une rare complexité pour ne pas loin sans faut mettre de l’huile sur le feu sans pour autant délaisser ses responsabilités de mener à bon port les aspirations populaires exprimées lors des Conférences Régionales. En témoignent les différents communiqués et autres interventions médiatiques du Coordinateur National. Maintenant que tout le monde fait sien, l’objectif principal qui consiste à organiser des élections, la tenue de la Conférence Nationale s’avère des plus pressante. A ces égards, le CSR-AN tient à rappeler que : 1. L’aspiration profonde du peuple malagasy pour laquelle il s’est engagé après le renversement du régime totalitaire et despotique, est axée sur deux idées directrices : CHANGEMENT ET DEMOCRATIE ; 2. Le processus d’instauration de ces idées doit (...)
[ Lire la suite...]


 

 
 

Rumeurs

Le 1er juillet 2010.

...

Toutes les rumeurs >>
 

dossier

Madagascar : Difficile sortie de crise sans une révision du schéma « consensuel » arraché à Maputo

La crise politique fait toujours rage à Madagascar depuis 10 mois. Des violences ont émaillé le conflit entre les partisans du changement conduit par Andry Rajoelina et son compagnon de lutte Monja Roindefo d’une part et les partisans de Marc Ravalomanana de l’autre, et engendré la mort de plus d’une centaine de personnes depuis le 26 janvier 2009. Alors que les discussions entre les mouvances politiques se poursuivent et que les diplomates tentent de résoudre la crise, le gouvernement formé par (...)

[Lire la suite...]