Le « gouvernement d’union nationale de la Transition » comprend selon l’article 4 de la Charte de Maputo : 3 vice-PM et 28 ministres,. Si l’on s’en tient au texte du 6 octobre, les 3 postes de vice-premier ministres seront logiquement répartis entre les mouvances Rajoelina, Ravalomanana et Zafy qui n’ont pas obtenu la Primature.
Pour les 28 ministères à répartir ou partager, il faut se souvenir qu’à Maputo 2 ,le tandem Rajoelina-Monja avait mis la barre à 20 ministères sur 28. Dans cette logique Andry Rajoelina a déclaré avant son départ pour Addis-Abeba : ’’Certains ministères sont non négociables. Car il est légitime que la mouvance du président de la transition dispose pour pouvoir gouverner, des ministères ayant un lien avec la sécurité’’. En clair il s’agit des ministères de l’intérieur, de la Sécurité intérieure, des Forces armées et enfin du secrétariat d’État à la gendarmerie. La mouvance Rajoelina va se prévaloir d’une clé qui aurait été définie à Maputo 1. Selon ce schéma, elle devrait obtenir la majorité des sièges, en particulier les ministères qualifiés de souveraineté.
Cependant, les trois autres mouvances vont soutenir au nom du consensus un partage équitable des postes ministériels avec pour chacun un quota de ministères souverains ou ministères-clés. C’est le cas des mouvances Ratsiraka et Ravalomanana qui lorgnent, pour des raisons stratégiques, sur : les ministères de la justice ( pour la gestion de certains dossiers sensibles) mais que refusera de lâcher Andry Rajoelina pour les mêmes raisons, les ministères des finances et du budget, de l’Économie et de l’Industrie, les Transports et enfin les mines et hydrocarbures.
Mais la mouvance Zafy ne compte pas se laisser faire : Serge Radert déplore que : ’’Rajoelina demande l’impossible en revendiquant les ministères de souveraineté’’ soutenu par Emmanuel Rakotovahiny, vice-président de la transition pour la mouvance Zafy :’’Nous nous opposons à cette revendication’’.
Cela laisse entrevoir de bien difficiles négociations au moins sur cette question des clés de répartition gouvernementale. Sans exclure l’épineuse question de la présidence sur laquelle souhaite revenir Marc Ravalomanana et un nouveau venu sur cette question Didier Ratsiraka pour négocier au mieux les postes ministériels.
Mais quoiqu’il arrive les grands perdants sont au moins 20 ministres du gouvernement II de Monja Roindefo qui abandonneront leur portefeuille sur l’autel du consensus. Sauf si le sommet d’Addis-Abeba est un échec, ce que semble pour l’instant exclure le CIG, mais en aura-t-il les moyens ?
Politique
Addis-Abeba : quelles clés de répartition pour le gouvernement de la transition ?
mardi 3 novembre 2009, par
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